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par Colette Laroche (SRA Rhône Alpes)
C’est une catégorie de céramiques communes présente dans des contextes datés de la fin du IIème s. ap. J.-C., du IIIème s. ap. J.-C., voire du début du IVème s. ap. J.-C.. Son aire de diffusion est limitée à la Cité de Vienne et ses marges. Ce qui la distingue surtout des autres céramiques communes, c’est qu’elle est signée. Fabriquée avec une argile siliceuse, elle est cuite en atmosphère réductrice d’où sa couleur gris / noir. Cette céramique culinaire sert à la cuisson, la préparation ou la conservation des aliments. Si certaines formes s’apparentent aux pots et plats à cuire, d’autres lui sont propres comme les jattes, les couvercles et les pots de facture plus fine dont la surface lustrée lui donne une apparence vernissée.
La signature apposée sur la paroi externe du fond est composée d’un nom souvent suivi du verbe fecit qui signifie « fait par » écrit sous les formes F(ecit), FE(cit), FEC(it), FECIT (ligature I et T) et FECIT. La mention officina, généralement abrégée en OF n'a jamais été rencontrée. De forme circulaire l’estampille peut atteindre 8 cm de diamètre. Les noms, généralement uniques et exprimés au nominatif singulier, sont d'origine indigène (Catullus, Marcus, Seuvo), italienne (Martinus, Noster, Maximus) ou grecque (Agenor), certains sont d'apparence latine (Sextus).
Il est généralement admis que ce nom représente l’atelier. Il a parfois été suggéré que le nom pourrait être celui d’un commanditaire qui imposerait son nom au revers du conteneur pour la diffusion de ses produits. Les clients n’achèteraient plus une céramique pour sa seule utilisation culinaire, mais également pour son contenu.
L'inventaire des signatures allobroges qui contient aujourd'hui une centaine de noms différents a été utilisé notamment pour étudier la répartition des noms en fonction des lieux de découverte. On constate ainsi que seule une bonne dizaine de noms sont largement répartis et presque systématiquement présents quelque soit le type d'occupation (agglomération, villa, ...); c'est le cas de Noster, Seuvo, Catullus, Martinus, Agenor, Mascuricus, Vallo, Marcus. Les autres noms sont soit marginaux car répertoriés en très petit nombre, soit attachés à des secteurs géographiques limités, comme Mansuetus à Bourgoin et l'Isle d'Abeau, Epagathus et Firminus à Saint-Romain-de-Jalionas, Priscus à Vienne.
En l’absence de la découverte d’ateliers, la localisation des lieux de production de la céramique allobroge reste une énigme. De nombreuses hypothèses ont été avancées basées sur la concentration importante d’un nom en un même lieu. Seules deux productions ont pu être confirmées par les analyses chimiques et pétrographiques effectuées récemment à l’UMR 5138 de Lyon : Priscus à Vienne et Noster à Aoste (Cantin, Laroche, Leblanc à paraître).
Photos de Joël Serralongue (Conseil général de Haute-Savoie), tous droits réservés.
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