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Plaquette diffusée au congrès de la SFECAG de Colmar en mai 2009
T. Silvino (Archeodunum)
A. Bliez, J. Lassus (Société Archéologique de Bron)
Ont également contribué à l'élaboration du poster : L. Robin et l’ensemble des membres de la Société Archéologique de Bron, en particulier M. Arthaud, M. Guy, E. Hamard, H. Prat et J.-P. Roux.
Située à une quarantaine de kilomètres à l’est de l’agglomération lyonnaise, sur le plateau de l’Isle Crémieu, Optevoz est une commune rattachée au département de l’Isère. Connue depuis longue date pour sa densité d’entités archéologiques, Optevoz fait toujours l’objet de recherches en vue de compléter la carte archéologique locale. Depuis les premières prospections effectuées par S. Carrara à la fin des années 1990, ainsi que les multiples interventions dans le cadre de l’archéologie préventive, permettant de supposer la présence d’une importante agglomération secondaire antique, les membres de la Société Archéologique de Bron ont effectué plusieurs prospections complémentaires sur cette commune, notamment au lieu-dit « le Bataillier » entre 2003 et 2006.
Durant ces prospections effectuées en terrain labouré, plus de 2500 tessons de céramiques et autres artefacts ont pu être collectés. Leur analyse, réalisée par C. Laroche (SRA Rhône-Alpes), a permis de constater une certaine homogénéité dans leur datation située entre la fin du Ier s. ap. J.-C. et le début du IIIe s. Par ailleurs, au cours de ces prospections, un secteur très spécifique (environ 100 m²) a permis de récolter une grande quantité de tessons de céramiques à revêtement argileux.
| Zone R (Optevoz - Le Bataillier) | |||||
| Catégories | Type de production | Total | NMI | % Total | % NMI |
| Céramique Fine | Sigillée Gaule du Centre |
4 | 1 | 0,4 | 1,6 |
| CRA | 884 | 52 | 92,8 | 83,9 | |
| Céramique Commune | Grise | 35 | 7 | 3,7 | 11,3 |
| Rouge | 16 | 1 | 1,7 | 1,6 | |
| Claire | 14 | 1 | 1,5 | 1,6 | |
| Total | 953 | 62 | 100 | 100 | |
L’analyse des céramiques récoltées dans cet espace (zone R) a montré l’indice de fréquence relativement important, et au demeurant singulier, des céramiques à revêtement argileux. Cette appellation générique, propre aux chercheurs rhônalpins, correspond à des productions à pâte calcaire revêtues d’un vernis non grésé, qui présente des couleurs variant de l’orange au noir avec parfois des reflets luisants. Au total, plus de 884 fragments ont été comptabilisés pour un nombre minimum de 52 individus. En ce qui concerne le répertoire, les formes récurrentes sont les gobelets tulipiformes ainsi que les modèles à col tronconique de type Niederbieber 33. Ces derniers, généralement munis de dépressions au niveau de la panse, présentent des décors de guillochis (photos 1 et 2). Des petites coupes à lèvre en bourrelet ainsi que des pots à lèvre oblique accompagnent des coupes à bandeau. Les décors consistent en des lunules réalisées à la barbotine, des excisions ou encore des rouelles estampées (photo 3). Un type de production à part a été décelé dans ce lot. Il s’agit de fragments à paroi fine bien cuits qui rappellent les céramiques métallescentes (photo 4).
Concernant la datation, cet ensemble reste assez homogène et appartient aux productions à revêtement argileux de la seconde moitié du IIIe s., voire du début du siècle suivant. Les formes répertoriées se rapprochent sensiblement de celles de l’atelier du Bouchage près d’Aoste (Isère) ou de centres plus lointains comme ceux du Jura (Chaumergy) ou de Bourgogne (Gueugnon, Jaulges-Villiers-Vineux, etc). Par ailleurs, ces éléments sont bien attestés dans les contextes d’habitat ruraux de l’Est lyonnais à la fin du IIIe s. et au début du siècle suivant.
![]() Photo 1 |
![]() Photo 2 |
![]() Photo 3 |
![]() Photo 4 |
![]() Photo 5 |
![]() Profils |
La concentration de ce type de production dans un espace assez restreint, associée à une récurrence de formes, comme les gobelets, nous incitent à envisager l’existence d’une production de céramiques dans ce secteur. Les indices de cette activité sont illustrés également par la découverte de fragments de terre cuite vitrifiés (photo 5). En revanche, aucune trace tangible de ratés de cuisson n’a été décelée. Par conséquent, rien ne permet à l’heure actuelle de corroborer l’hypothèse d’un atelier de potiers, sans que l’on puisse pour autant l’écarter. La présence d’un centre de production dans une agglomération secondaire ne serait pas surprenante. Optevoz a probablement joué le rôle d’un centre économique important sur le plateau de l’Isle Crémieu, notamment dans la redistribution des produits à l’échelle de cette micro-région. Dans le cadre de cette hypothèse, cet atelier s’ajouterait ainsi à la liste des nombreux centres de productions de céramiques à revêtement argileux des IIIe et IVe s. que l’on suspecte dans la région, comme au Bouchage près d’Aoste (Isère), qui nécessiteraient un programme de recherche plus important.